IPBES GIEC COP...Kézako?
Dernière mise à jour : 9 mai 2024

Imaginez. Vous vivez dans une maison dont vous n'avez jamais vu l'extérieur, vous n'en avez pas les possibilités, Vous pouvez juste l'imaginer. Puis un jour on vous livre un cliché de votre maison prise du ciel! Le choc!
C'est ce qui est arrivé avec la terre. Jusqu'à ce que L'homme marche sur la lune le 20 juillet 1969, on n'avait jamais pris du recul sur cette belle sphère bleue qui nous sert d'habitat. Les premiers clichés ont fait l'effet d'une émouvante prise de conscience auprès des scientifiques et du grand public. Ainsi, la terre est bel et bien un espace fini, tout comme les ressources naturelles dont elle regorge.
Le 3 mars 1972, un couple américain, Donella et Denis MEADOWS, rédige le rapport intitulé "Les limites à la croissance" pour alarmer l'humanité sur l'incompatibilité d'une croissance infinie du PIB (Produit Intérieur Brut), mesure phare de l'économie humaine, avec la finitude de la planète et de ses ressources disponibles. Une évidence? Non, pas encore pour tous, tant il est difficile d'envisager un changement de modèle économique.
Aujourd'hui la gouvernance internationale des crises environnementales est notamment incarnée par deux organismes, l'IPBES en ce qui concerne la Biodiversité et le #GIEC en ce qui concerne le climat. L'IPBES c'est la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la Biodiversité et les services écosystémiques. Le GIEC ou IPCC dans son acronyme en anglais est le Groupement intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat.
Que dit l'IPBES?
Nous cheminons probablement vers la 6ème extinction de masse des espèces terrestres. 25% des animaux et végétaux de la plupart des espèces étudiées sont menacés d'extinction. Les #écosystèmes naturels ont décliné de 47% en moyenne par leur rapport à leur état initial estimé. L'IPBES catalyse les fonds d'aide au développement des connaissances sur la #biodiversité. Lors de la COP15 Biodiversité au Canada, un objectif mondial a été convenu: Préserver 30% des ressources écosystémiques de la planète d'ici 2030. Nous reviendrons sur le sens des COP durant cet épisode. Bref imaginez l'arche de Noé incluant les espèces végétales. Si le déluge arrive, il s'agit d'en sauver environ le tiers.
Revenons maintenant sur le rôle, le fonctionnement du GIEC et des #COP (Conférences des parties, annuelles, initiées par la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique). Dans le cadre de la crise climatique, les COP et le #GIEC jouent un rôle essentiel.
Comment est né le GIEC et comment il influence-t-il la gouvernance mondiale de la crise climatique?
1988: 16 ans après le rapport MEADOWS, Le G7 crée le GIEC, placé sous l'égide de Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Il synthétise et évalue les recherches scientifiques et le suivi des processus de réchauffement climatique avec des représentants de 195 pays. Le GIEC est basé à Genève.
Comment fonctionne le GIEC?
Le GIEC dresse des rapports non contraignants sur l'état des connaissances face aux changements climatiques. C'est un peu le rôle d'un médecin qui émet un diagnostic, année après année sur un patient qui n'est pas sous traitement. Ces scientifiques valident ensemble un rapport pour décideurs d'une quinzaine de pages, qui est à la portée de tous.
Chaque rapport détaillé du GIEC est revu trois fois et le processus de validation dure deux ans. Chaque texte compte deux à trois mille pages, appuyées par des milliers d'études. Autant vous dire que c'est une vraie fourmilière cosmopolite et interconnectée.
Le GIEC comprend 4 groupes de travail: Groupe 1: Aspects scientifiques du climat Groupe 2 Vulnérabilités et adaptations aux changements climatiques Groupe 3: Réduction des GES Groupe 4= groupe spécial dédié à l'inventaire des émissions de GES. En gros le GIEC nous aide à raconter notre histoire: Comment scientifiquement notre climat se réchauffe; les impacts sur nous, comment réduire nos émissions de GES et un groupe spécial qui compte les émissions de GES.
C'est notamment les travaux du GIEC qui ont permis de déterminer les budgets carbone (restant à émettre) en fonction des capacités d'absorption des puits de carbone comme l'océan. De là découlent également les bilans carbone des entreprises.
Le premier rapport du GIEC date de 1990 et le sixième date de 2021. Ces rapports constituent un consensus scientifique qui sert de socle aux négociations internationales notamment lors des COP (Conférences des Parties) durant lesquelles ils sont présentés. Il n'est pas rare que des éléments clefs d'un rapport du GIEC soient repris dans les décisions finales d'une COP.
1992: Le sommet de RIO ou COP1: Oui, le climat se réchauffe, l'activité humaine en est responsable, avec un primat pour les pays industrialisés. 197 pays ratifient la Convention de Rio. Un succès. Toutefois, une notion inattendue au sortir de cette grand' messe interpelle: le droit au développement! Le début d'un DEAL entre développement et environnement qui aboutira aux 17 ODD (Objectifs de développement durable), premier projet politique planétaire?
1997: Protocole de Kyoto, 37 pays développés ratifient des objectifs contraignants de réduction des GES de 5,2% entre 2008 et 2012. Il n'en sera rien. Si les objectifs fixés sont clairs et réalistes, les moyens pour y parvenir n'ont pas été envisagés par KYOTO, donc l'inaction est de vigueur. ! Les USA ne le ratifieront jamais. Même si certains le ratifient au compte-goutte, il faut attendre 2005 et la ratification de la Russie pour que le protocole de Kyoto entre en vigueur, 8 ans plus tard. Il faut dire que l'année 2005 est classée par la NASA, année la plus chaude depuis la fin du 19ème siècle. La terre s'est réchauffée de 0.6 degrés...en 30 ans!
2007: Publication du 4ème rapport du GIEC, c'est le quatrième d'une série commencée en 1990 qui fait le bilan de six années de travaux menés par une armée de 2500 scientifiques. La même année le GIEC reçoit le prix Nobel de la paix.
2008: Adoption du paquet #Energie #Climat de l'Union Européenne ou la décision des trois 20 entre 2013 et 2030 au sein de l'UE.
⦁ Moins 20% d'émission de GES,
⦁ +20% d'énergie renouvelables dans la consommation et
⦁ +20% de gain d'efficacité énergétique.
12 Décembre 2015: Adoption des Accords de Paris lors de la COP21, avec deux objectifs majeurs et un agenda de l'action.
Objectif 1: Zéro émission nette entre 2050 et 2100 (Faire en sorte de ne pas émettre plus de GES que la quantité qui est captée, telle une baignoire, qui ne doit absolument pas déborder). Pour cela, maintenir en dessous de 2 degrés l'augmentation des températures d'ici 2100 et faire les meilleurs efforts pour le maintenir en dessous d'1.5 degrés d'ici 2050.
Objectif 2: S'adapter à un monde dont le climat change et promouvoir un développement moins émetteur de gaz à effet de serre.
Objectif 3: Mobiliser les flux financiers au service de la transition écologique.
Les accords de Paris, pragmatiques et dynamiques rythment les ambitions avec des objectifs tous les 5ans. Il faut à la fois atténuer et à s'adapter. Diverses règlementations encadrent et mobilisent les Etats et les entreprises vers une réflexion autour des nécessaires transitions à entamer.
Plus récemment et pour finir...
2023: la COP28 à #Dubaï évoque un éloignement plutôt qu'une sortie des #énergies #fossiles ce qui était la position de l'UE, sans préciser de calendrier. Dans le même temps, l'Organisation Météorologique mondiale annonce en 2023 que nous avons atteint +1.4°C par rapport à l'ère pré industrielle (année 1850). Nous sommes donc sur un rythme qui selon le #PNUE (Programme des Nations Unies pour l'environnement) nous conduit vers +2.5 à +2.9°C d'ici 2100. Nouvelle année la plus chaude "jamais" enregistrée 2023.
En résumé...
vous connaissez désormais le rôle central de l'IPBES dans la préservation de la biodiversité. Vous savez que le GIEC est un groupement d'experts qui synthétise les recherches scientifiques afin d'en extraire un consensus. Ce consensus scientifique sert ensuite de base aux négociations internationales sur le climat menées dans le cadre annuel des COP.
C'est le quatrième groupe de travail du GIEC qui a permis de quantifier les émissions de GES et d'évaluer des budgets carbone, des bilans carbone et la quantité des GES émis en moyenne par un français chaque année par exemple.
Rédigé par Myriam BOKAM
Scope4 Consulting
Ressources: Vidéo YouTube: Le GIEC, présentation et lien avec les COP; UVED.



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