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Crise climatique et conséquences

mybokam
9 mai 2024
6 min de lecture

Chaque jour, nous fêtons des millions d'anniversaires. Lorsque vous avez eu dix ans, vous avez pris conscience que plus jamais vous n'auriez neuf ans. Vous veniez de basculer dans la tranche des âges à deux chiffres. La terre, elle, accumule les points de bascule depuis quelques décennies. Chaque point de bascule dépassé nous mène un peu plus… en terre inconnue.


Les neuf points de bascule représentent les neuf limites physiques de la sphère bleue. Il s’agit :

  1. Du changement climatique

  2. Du changement de l’usage des sols

  3. Utilisation de l’eau douce

  4. Acidification des océans

  5. Intégrité de la biosphère (soit la diversité fonctionnelle et génétique de l’ensemble du vivant)

  6. De l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère

  7. Appauvrissement de l’ozone stratosphérique

  8. L’augmentation des aérosols dans l’atmosphère, et enfin, neuvième point de bascule

  9. Perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore




Quels sont les effets du franchissement des points de bascule terrestres ?


Le dépérissement de la forêt amazonienne, de la forêt boréale, des massifs coralliens, la fonte du pergélisol et des calottes glaciaires tels sont les effets visibles du dépassement des points de bascule. 4 limites sur 9 étaient dépassées en 2015. En 2023, nous en sommes à 6 limites planétaires sur 9 dépassées.


Il faut faire avec…...il faut s’adapter.


Ce n'est pas le jour où on fête ses dix ans qu'on vit les 120 premiers mois, c'est au fil des mois, chacun des mois ayant une importance certaine pour parvenir au décompte final des 10 ans. On ignore quels autres effets peuvent apparaître ni quand ils apparaîtront. Ce qui est sûr, c'est que chaque dixième de degré de réchauffement supplémentaire augmente les effets négatifs pour toute sorte de vie sur terre. D'où la nécessité de s'adapter.



Que signifie l'adaptation aux changements climatiques ?


Il s'agit d'une démarche d'ajustement au climat actuel et attendu. Pour s'ajuster, il faut une bonne capacité de résilience. La résilience c'est la capacité des systèmes à faire face, à réagir et à se réorganiser face à un évènement climatique d’ampleur.



Alors quels sont les conséquences ou les effets des changements climatiques ?


D'abord les premières conséquences sont naturelles, les plus visibles de toutes étant liées au climat : 


Des tempêtes plus fréquentes et plus violentes, des crues ou débordements de cours d'eau, des feux de forêt qui ravagent la biomasse et qui détruisent les puits de carbone que sont les arbres. Enfin et surtout des températures plus élevées.


En effet, l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère est corrélée avec l'augmentation des températures moyennes. De plus, les quantités de CO2, gaz carbonique, déjà émises aujourd'hui vont demeurer durant plusieurs décennies dans l'atmosphère.


En d'autres termes, en arrêtant d'émettre des GES comme le CO2, le méthane ou l'azote aujourd'hui, nous ressentirons tout de même les effets négatifs de ces gaz pendant plusieurs décennies encore. C’est comme un liquide qu’on chauffe, puis que l’on conserve dans une thermos. La chaleur y restera piégée pendant un certain temps, même si on a arrêté de chauffer l’eau. Par ailleurs, si on choisit de maintenir la casserole d’eau sur le feu, alors non seulement elle restera chaude, en plus il est probable qu’elle se mette à bouillir…


Pour illustrer notre propos, il a été projeté que d'ici 2080, soit avant la fin du siècle, la température moyenne de Paris va augmenter de +2 à +4 degrés. En attendant on pense que la France connaîtra 20 jours très chauds par an, soit au-delà de 30 degrés, en 2030 et 34 jours à 30 degrés ou plus en 2080. Dans le même temps le nombre de pluies diminuera mais leur volume augmentera. 


Au Canada, après que l'été 2019 ait été décrété le plus chaud jamais enregistré, l'été 2023 a connu des températures autour de 50 degrés, surpassant 2019 et flambant au passage de nombreuses forêts.


Les conséquences naturelles, pour être les plus visibles, ne sont pas les seules. Les dommages des changements climatiques sont aussi économiques et humains.


En effet, les catastrophes naturelles détruisent des biens matériels et détruisent des économies entières. Chaque inondation violente en France entraîne la destruction de nombreuses maisons et voitures.


Cela oblige les assureurs à payer des factures de plus en plus salées. Pire, la montée des eaux menace l'existence même de pays entiers comme les îles Salomon dans le Pacifique. Or qui dit disparition de territoires dit déplacements d'habitants. Des migrations climatiques ont déjà commencé et vont se poursuivre au rythme des perturbations climatiques. 


Les migrations de populations ne sont pas les seules conséquences humaines. Plus près de nous, certaines populations n'ont pas la possibilité de se déplacer ni de faire face aux mutations induites par la crise climatique. En effet, comment consommer moins d'énergies fossiles comme le carburant lorsqu'on a besoin de sa voiture pour aller travailler ? Comment envisager un mode de chauffage différent lorsqu'on n'a qu'une cheminée à foyer ouvert ? L'adaptation aux changements climatiques nécessite en effet des dépenses et investissements qui n'ont rien d'évidents pour des populations qui n'avaient rien prévu dans ce sens.


Donc les conséquences sont naturelles, humaines et socioéconomiques.


En 2010, la vague de chaleur au Royaume Uni a coûté 770 Millions de Livres sterling. En 2017 les feux en Indonésie font 300 000 décès. Les crues de 2018 en Allemagne ont tué 300 personnes et causé 30 milliards d'euros de dommages. En 2019 les feux de forêt en Australie ont causé 20 milliards de dégâts et surtout 1 milliard d'animaux morts, sans même évoquer la perte de biomasse ... En 2022 la vague de chaleur fait 62000 morts dans toute l'Europe. La liste des dégâts est une véritable liste à la Prévert !   


Alors, comment votre entreprise ou votre collectivité pourrait-elle être impactée par le changement climatique ?


Pour appréhender le risque climatique, il y a trois notions à comprendre :

  • La première notion, c’est l’aléa climatique, soit, ce qui peut arriver comme évènement climatique). La question à se poser : A quel aléa ou évènement climatique suis-je exposé ?

  • Ensuite, la notion d’Exposition, soit le fait de pouvoir subir en fonction de la position géographique cet aléa ou cet évènement ?)

  • Enfin, la notion de vulnérabilité qui traduit la résilience. Que puis-je faire face à cet aléa ? puis y faire face, puis-je m'y adapter ?)


Rappelons -nous que toute organisation ou entreprise est un projet de croissance, basé sur une chaîne de valeur qui mobilise diverses ressources. Analyser cette chaîne de valeur au regard des aléas climatiques, de l'exposition et de la vulnérabilité est un exercice qui est devenu incontournable.


Votre entreprise peut mener cette réflexion seule ou se faire accompagner par des cabinets de consultants spécialisés dans les transitions écologiques. Avec eux, vous ferez un état des lieux de l'existant avant de mesurer les écarts éventuels avec les ambitions des accords de Paris et des diverses réglementations. Enfin, vous construirez un plan de transition avec des jalons tous les deux ou trois ans. C'est ainsi grosso modo que se réalise la construction d'un plan de transition écologique.


Visualisez un tableau


A gauche les risques climatiques, à droite leurs conséquences en chaîne pour la société et les entreprises.


Les risques de dommages aux biens et aux équipements, entraînent comme conséquences des pertes d'activités. Et qui dit perte d’activités dit coûts d'interruption de ces activités puisque l'outil de production est mobilisé en vain.


Les risques de volatilité du prix des matières premières ou de vos intrants qui se raréfient;


Les risques liés à l'aptitude à appliquer les mesures imposées par les gouvernements pour lutter contre le changements climatiques.


Tout ceci a bel et bien une influence sur votre chiffre d’affaires, donc sur votre bénéfice, et donc sur votre profitabilité. Enfin, il existe pour les entreprises et les collectivités un risque de réputation et de responsabilité sociétale parce que la perception et les exigences du public et des parties prenantes changent dans un contexte de crise climatique. 


Chacun des risques, non exhaustifs ici, liés à votre activité économique doit être pris en compte avant de se transformer en risque financier. 


En effet, le tableau des chaînes de transmission entre les risques climatiques et les risques financiers dévoile la progressivité et le lien de causalité entre les deux.


Il y a des canaux de transmission microéconomiques essentiellement empruntés aux risques de transition qui remontent des individus. D’abord ces risques microéconomiques remontent du consommateur final ou du salarié, ensuite des actionnaires avant d’impacter les entreprises elles-mêmes.


Les risques climatiques peuvent aussi se transformer en risques financiers en empruntant des canaux macroéconomiques. Il s'agit par exemple de la valeur des capitaux. Si l'on investit dans une filière non durable au sens de la crise climatique et de la perte biodiversité, autrement dit, si l’on investit en partant du principe que le climat va rester stable, le risque de se retrouver avec des actifs échoués est réel. A titre d'exemple, on se doute que construire en 2024 une nouvelle usine de production de véhicules thermiques est une erreur d'aiguillage de capitaux alors que leur commercialisation sera interdite en 2035, pour les véhicules neufs.


En résumé, le franchissement de 6 des neuf limites planétaires parmi lesquels le changement climatique, a entraîné des effets néfastes.


Ces effets ont eux-mêmes conduit à des conséquences polymorphes.


Des conséquences naturelles aux effets physiques comme les inondations, qui se transforment en conséquences socio-économiques comme la destruction puis le remplacement de biens matériels. Enfin, les effets du CC entraînent des conséquences humaines par exemple à travers le déplacement massif de populations lorsqu’ils perdent leur habitat.


Par ailleurs, cette kyrielle de conséquences en chaîne impactent fortement la profitabilité des entreprises et la pérennité des collectivités. Les canaux de transmission des risques climatiques aux risques économiques sont soit microéconomiques lorsque la hausse de la conscience écologique influence le comportement du consommateur final, soit macroéconomiques lorsque le flux des capitaux est orienté vers des investissements qui n’anticiperaient pas les effets des changements climatiques.

 
 
 

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